Par Alain MADELIN
Le "Nouveau Partenariat pour le Développement de l'Afrique" - présentée par le Président Wade - marque résolument la rupture de l'Afrique avec les vieilles idéologies du développement. Le Continent africain affirme sa volonté de s'intégrer à la dynamique du monde nouveau fondé sur la démocratisation des institutions, la libéralisation des règles du jeu économique, et l'acceptation des contraintes de la compétition.
Cette initiative a le soutien des grandes organisations internationales. Elle représente une étape importante dans le processus de reprise en main de son destin par l'Afrique elle-même.
Le Nouveau Partenariat pour le Développement de l'Afrique insiste avec raison sur le retour à la démocratie et le respect des droits de l'homme comme conditions d'une politique d'éradication durable de la pauvreté. En posant que la croissance est d'abord et avant tout "un processus de responsabilisation", ou encore qu'elle ne peut résulter que de l'application par les Africains des règles d'une "saine gestion économique", elle représente un grand pas en avant du continent vers la solution de ses problèmes de développement.
L'Afrique recèle en elle-même plus de ressources que beaucoup ne sont prêts à l'admettre.
Tout le problème est d'en assurer la mobilisation en offrant aux africains un cadre institutionnel moderne qui libère leurs énergies et leur permette de s'exprimer librement.
Le cadre institutionnel doit se découvrir à partir des réalités africaines et non se construire à partir d'une copie trop brutale et irréfléchie des institutions et pratiques juridiques aujourd'hui en usage dans les pays riches ne contribue en réalité à étouffer le moteur de votre propre développement.
C'est sur ce paradoxe, les risques qui en découlent, et leur solution, que je voudrais m'expliquer dans les paragraphes qui suivent.

