Pourquoi je suis un madeliniste convaincu.

Alain Madelin s’est aujourd’hui mis en marge de la vie politique ou tout au moins il n’est plus sous les feux des médias.
Nous pourrions aussi considérez qu'il gêne.

Pourquoi aujourd’hui beaucoup d’hommes politiques français se complaisent à voir Alain Madelin sur la touche.Peut-être que certains sont effrayés à l’idée de penser qu’un jour la France irait mieux si nous appliquions ses préceptes.Peut-être que d’autres sont effarés a l’idée qu’un jour les classes moyennes retrouveraient du pouvoir d’achat, et l'envie d'investir.Peut-être certains sont horrifiés à l’idée qu’un jour il puisse ne plus y avoir assez de pauvres en France pour constituer et alimenter leur fond de commerce électoral.Il n’a été que trop souvent enfermé par ses adversaires dans une perception purement économique du libéralisme (et là je ne parle même pas des anti-libéraux qui se battent par définition contre la liberté et qui nous considèrent comme des fossoyeurs de pauvres)
Sa conception du libéralisme ne se limite pourtant pas à une vision étroite du libéralisme qui ne se cantonnerait uniquement sur ses aspects économiques.
Mieux que mes mots pour expliquer qui est réellement Alain Madelin, et quelle est sa vision globale et humaniste du libéralisme quelques unes de ses citations permettent de découvrir ou de redécouvrir pourquoi Alain Madelin est avant tout un humaniste et souvent un visionnaire.
Pour illustrer ses qualités de visionnaire je vous rappelle qu’il a été le seul politicien français à soutenir le Commandant Massoud. Il ne l’a pas seulement fait à l’heure où le Tigre du Panshir se battait contre les Talibans mais il était déjà à ses côtés quand il était le seul rempart à une invasion totale de l’Afghanistan par les troupes de l’Armée Rouge. 
En ce qui concerne sa perception du libéralisme économique au sein de la pensée libérale dans son ensemble, je me souviens de quelques phrases de son livre dont le titre seul résume ce qu’il est « le droit du plus faible ».
« Certes, les libéraux croient à l’efficacité d’une économie de liberté. Elle constitue, à leurs yeux, le meilleur moyen d’assurer la prospérité, la mobilité sociale et le progrès social. Mais ils ne réduisent pas l’homme à l’économie. Au contraire, ils mettent l’économie au service de l’homme.Ce ne sont pas les libéraux, d’ailleurs, qui réduisent l’économie aux chiffres de la comptabilité publique ! Ils n’ont en général, qu’une médiocre confiance dans les agrégats de la comptabilité nationale qui considèrent comme augmentation de la richesse nationale l’augmentation du temps passé dans les embouteillages ou les accidents de voitures, et qui confondent ventes d’armes et ventes de livres. » 
Mais aussi 
« Trop longtemps au XX siècle, la force l’a emporté sur le droit. A la chute du mur de Berlin, les Européens n’ont pas saisi la chance qui leur était offerte d’instaurer une Grande Europe, où le droit souverain des Etats s’effacerait devant les droits de l’Homme, la protection des minorités, la souveraineté de l’individu. Où le droit du plus fort céderait la place au droit du plus faible. » 
Dans un autre livre (Quand les autruches relèveront la tête)  
« Un Etat trop lourd, trop coûteux, trop centralisé constitue un Handicap pour la compétitivité économique.Pour illustrer cette compétition, j’ai souvent raconté l’histoire d’un Japonais et d’un Français qui sont dans la jungle, quand un lion féroce surgit devant eux. Le Français a très peur, le Japonais reste calme et sort de son sac à dos une paire de baskets. Le Français lui dit : « Tu n’espères pas quand même courir plus vite que le lion ? » Et le Japonais de répondre : « Plus vite que le lion, certainement pas. J’espère en tout cas courir plus vite que toi ! » 

« Quand ceux qui sont en haut de l’échelle sociale, quelles que soient leurs erreurs, ne descendent plus, quand ceux qui sont en bas, quels que soient leurs mérites, ne peuvent plus gravir l’échelle sociale, il y a désordre social »
 

« De mon enfance, de ces quartiers pauvres où j’ai grandi, je garde cette leçon de la vie : tout homme en vaut un autre, mais un homme humilié, blessé dans sa dignité, vaut qu’on lui porte dix fois plus d’attention »
 

« …les Français sont, au plus profond d’eux-mêmes, plus réformateurs, plus aptes au changement que les différents corps intermédiaires qui les représentent »
  

Il a été et reste encore à ce jour l’homme politique qui symbolise le mieux la pensée libérale en France.Il est essentiel que nous suivions la route qu’il a tracée ce qui n’exclut pas que parce que nous sommes libres nous ne soyons pas toujours en accord total avec lui.
Si aujourd’hui la bataille de nos élections internes paraît si âpre c’est que le fondement même de notre pensée nous autorise la liberté de ne pas être d’accord. N’oublions jamais que nous menons tous le même combat.
Ne perdons jamais de vue qu’à partir du 29 nous nous retrouverons tous pour lutter ensemble contre nos adversaires (les adversaires de la liberté)
N’oublions jamais que ce combat malgré les sensibilités de chacun nous rassemble toujours sur le fondement même du libéralisme : le respect de l’individu et de sa liberté individuelle, la lutte contre la main mise de l’Etat sur nos vies, luttes pour le respect de la dignité des Hommes, lutte contre la misère, et pour le respect des droits de l’Homme à travers le monde …N’oublions jamais que nos différences sont notre richesse et notre meilleur atout. 

En écrivant ces quelques lignes j’avais une pensée particulière et émue pour le juge Thierry Jean-Pierre.