Près de 7 000 médecins étrangers exercent en France.
Ils exercent leur profession, ou sacerdoce devrais-je dire,  dans des conditions extrêmement précaires.
Près de la moitié d’entre eux viennent du continent africain.
Sans eux, les hôpitaux hexagonaux, confrontés au manque cruel de personnel, seraient dans une situation catastrophique.
On les appelle les praticiens à diplôme hors Union Européenne (les « Padhue »)
Ils prodiguent les mêmes soins dans les mêmes conditions d’accueil et de sécurité pour les patients, que les médecins autochtones. Ils sont pourtant payés 3 fois moins qu’un médecin français, ne peuvent ni s’établir à leur compte, ni travailler dans un établissement privé, et voient leur évolution de carrière bloquée.La baisse du numerus clausus est en partie responsable de cette situation.
Les hôpitaux ont été confrontés à un manque de personnels, comblé par les « Padhue ».
Ils sont ainsi devenus une main d’œuvre pas chère et corvéable à merci.
En 1995 une voie d’autorisation d’exercice avait été instituée par Simone Veil, alors ministre de la Santé. L’augmentation des médecins étrangers exerçant en France, a poussé le gouvernement a instauré le PAC (Praticien adjoint contractuel). Ce PAC permettait sous conditions de réussite à un examen, aux titulaires du PAC d’améliorer leur situation sur le plan financier et sur celui de la reconnaissance. La promulgation de la loi du 27 juillet 1999 a annulé le PAC et elle  ouvre l’accès au concours (NPA) pour exercer en France à tous les titulaires d’un diplôme de médecine généraliste et d’une carte d’identité. Cette loi ne prend pas en compte les années d’expérience des médecins qui exercent parfois depuis plusieurs années en France.D’après le Docteur Talal Annani, Président du syndicat des praticiens à diplôme hors Union Européenne : « Le PAC proposait des conditions d’exercice beaucoup plus acceptables, même s’il ne permettait d’intégrer que les plus anciens praticiens, en exercice depuis au moins 3 ans. L’Etat considérait que les autres devaient retourner dans leur pays d’origine à la fin de leurs études. Seulement voilà, leur formation achevée, des postes leurs étaient proposés en France, le plus souvent dans des spécialités délaissées par les Français, car jugées très difficiles comme la pédiatrie, la gynécologie ou la réanimation. Mais l’ancienne procédure avait au moins l’avantage d’exiger un dossier étoffé, avec un curriculum vitae détaillé. La NPA ne prend absolument pas en compte le parcours particulier de chaque médecin : ni le nombre d’années passées en France, ni les gardes, ni les travaux, ni les publications... Aujourd’hui, je vous l’ai dit, un diplôme de médecine généraliste suffit. Je me retrouve donc, après des années d’expérience en gynécologie, à devoir répondre à un examen portant sur des connaissances de première année de médecine ! C’est comme si je vous demandais de repasser le bac après dix ans d’études supérieures. D’abord, c’est une situation très humiliante de se retrouver aux côtés de jeunes gens qu’on a parfois formés, à devoir prouver ses capacités après plus de dix ans de services dans des hôpitaux français, et pour moi des centaines d’accouchements ! Et puis, en cas d’échec, cela peut être très déstabilisant, vis-à-vis des patients ou des collègues. »Malgré une étude de démographie médicale du Pr Berland qui montre que la situation française est désastreuse et qu’elle ne va cesser de s’aggraver les autorités ne prennent aucune mesure. Les départs à la retraite seront supérieurs aux entrées en fac de médecine.
L’Etat préfère pourtant continuer à cantonner les médecins étrangers dans des situations précaires en les soumettant à des contrats renouvelables tous les ans.
Toujours d’après le Docteur Talal Annani : « …les Padhue sont obligés d’effectuer jusqu’à 20 gardes par mois pour toucher un salaire équivalent à un médecin français qui ne ferait pas de garde ! »Le 27 février 2006 la HALDE a pourtant rendu une décision qui conforte les Padhue dans leur lutte, elle conclue que « C’est dans l’exploitation faite de leur absence de statut, alors même que leurs responsabilités concrètes sont identiques, que la discrimination à leur égard trouve sa source. Celle-ci s’opère en raison de l’origine, dans l’accès à l’emploi et dans l’emploi »Une nouvelle loi sur l’égalité des chances donne à la HALDE la possibilité d’imposer aux autorités politiques un délai afin qu’elles traitent la situation.Chaque fois qu’un médecin est embauché dans un hôpital sans qu’il ne bénéficie de la plénitude d’exercice, nous sommes confrontés à une discrimination entretenue par l’Etat !Docteur Talal Annani : « C’est une précarité volontaire qui a pris un caractère d’esclavage. Et tout cela, au sein d’organismes publics. »

Si comme moi cette situation vous révolte et que vous désirez en savoir plus et soutenir la lutte de ces médecins qui nous soignent chaque jour rendez-vous sur le site du Syndicat des Padhue : SNPadhue